Coach ? Entraineur ? Super-Papa ?

Encore une réflexion intéressante que je tenais à partager avec vous sur une situation vécue et qui m’interpelle : la position du Papa / Entraineur….

Étant également professeur de danse et père d’un garçon mordu par la danse de couple en compétition, je me retrouve à endosser cette double casquette, car j’ai la volonté de tout mettre en œuvre en tant que père que mon fils réussisse, et la volonté en tant qu’entraineur pour qu’il décroche la plus haute récompense.

Donc je m’interroge sur cette situation et sur le bienfondé de cette relation.. est ce bon pour l’enfant ? est ce bénéfique pour la liaison Papa / Enfant ? Est ce que cette situation peux mettre en danger l’avenir sportif de l’enfant ?

 

La réflexion n’est pas aisée et il est nécessaire d’aborder premièrement les deux aspects séparément pour ensuite essayer de trouver une issue permettant à chacun de trouver sa place.

Il est important de rappeler que les enfants s’adonnent au sport pour une foule de raisons. Le sport est un outil social qui favorise le travail d’équipe, l’esprit sportif, le leadership, la coopération, le respect et l’observation des règlements. Mais au départ, l’enfant qui souhaite pratiquer un sport le fait parce qu’il / elle :

  1. Veut s’amuser !
  2. Désire améliorer ses habiletés et en apprendre d’autres (devenir meilleur)
  3. Veut être avec ses ami(e)s ou souhaite s’en faire d’autres
  4. Aime l’excitation qui entoure la compétition
  5. Souhaite réussir
  6. Veut être actif !

Gagner vient très loin sur la liste des raisons pour lesquelles les jeunes font du sport… De ce fait, l’interrogation sur le « jeu » se mettant en place en tant que Super-Parent est justifiée !

En tant que parents :

Des recherches indiquent que les parents sont les modèles de comportement les plus importants de leurs enfants. Leur responsabilité à cet égard est donc énorme et peut s’appliquer à plusieurs situations différentes, y compris aux activités sportives de l’enfant. C’est pourquoi il est essentiel que les parents et les entraîneurs inculquent aux enfants l’esprit sportif, le respect mutuel, la compréhension et la patience, dès lors qu’ils pratiquent un sport.

Selon des spécialistes de la psychologie infantile, les parents doivent mettre l’accent sur l’aspect PLAISIR du sport et sur la façon dont il peut contribuer au développement de l’estime de soi, à l’épanouissement physique et moral et au sens global de l’accomplissement de l’enfant lorsqu’il maîtrise une nouvelle habileté.

Seulement 1% des gens qui font du sport y feront carrière ! Dans cette optique, la meilleure raison de faire du sport lorsqu’on est jeune, c’est l’apprentissage de saines habitudes de vie et le développement d’habiletés personnelles qui nous suivront toute notre vie.

Les parents on cette volonté d’être un support d’évolution et d’accompagner son enfant dans son propre développement sportif. C’est cette volonté qui guide les choix concernant l’environnement dans le lequel va évoluer l’enfant.

Je reste persuadé que le cursus sportif des parents détermine le cursus sportif des enfants. Si l’un des parents a déjà pratiqué un sport à haut niveau il aura tendance à vouloir le meilleur encadrement, entraineur. De ce fait, il influe et oriente déjà la carrière du jeune sportif, ne laissant pas de place pour le loisir ! L’encadrement doit être professionnel !

De plus, la responsabilité de parent influe sur les décisions de l’enfant concernant son activité et peut être le choix de son activité alors que ce dernier ne voudra pas forcément faire de sport, de peur d’être obligatoirement confronté aux exigences de ses parents.

Il y a également le rôle de sauveur que les parents entretiennent lorsque l’enfant est confronté à un défi à l’entrainement ou lors d’une compétition. Comment pouvons-nous laisser l’enfant dépasser ses limites si nous cherchons toujours à le sécuriser, à le protéger ? J’ai de trop nombreuses fois pu voir en bord de piste des parents voulant apporter de l’eau, de la nourriture, des conseils à leur enfant sans qu’il en ait exprimé le besoin.

Nous pouvons utiliser les mêmes arguments sur les « entraineurs » couvant de trop leurs poulains. Il n’est pas rare en Danse sportive, que les entraineurs effectuent un cours littéral lors de l’échauffement des danseurs. Serait-ce une façon d’essayer de protéger ou rassurer le couple comme un parent protecteur ? Cette « technique » d’échauffement a-t-elle portée ses fruits ?

Il arrive régulièrement que l’affectif influe sur la relation sportive et perturbe le jugement de l’entraineur

D’un autre coté, en tant entraineur :

L’entraineur à pour responsabilité d’éduquer sportivement et de faire progresser tout athlète étant sous sa coupe. De ce fait, il oriente, dirige, éduque, enseigne, toutes les techniques nécessaires pour que l’athlète performe dans son sport. Il est perçu comme le responsable et référent de l’évolution de la carrière de l’enfant.

En suivant cette définition, les lignes que doit suivre le rôle du Papa Parent/Entraineur sont précises et devrait permettre d’entretenir une relation claire entre son enfant et lui-même. En effet, par cette définition, le parent/entraineur comprend où est sa place et où s’arrêtent ses limites afin de rester un coach objectif par rapport à son enfant.

Le sport est important dans le développement des enfants puisqu’il permet :

  • D’établir l’estime de soi de l’enfant à travers ses apprentissages et ses réussites
  • De développer le lien avec la communauté : il porte les couleurs de son quartier, de sa ville et qu’il est reconnu comme tel, ce qui lui donne un sentiment d’appartenance et d’engagement envers son équipe
  • D’apprendre à gérer ses émotions : le plaisir de la victoire et la déception de la défaite (the thrill of victory and the agony of defeat comme disent les anglais…), les relations avec les partenaires et l’équipe, les adversaires, ce sont beaucoup d’émotions différentes que l’enfant doit apprendre à gérer afin que l’expérience soit enrichissante.
  • De développer ses relations sociales : les liens avec les coéquipiers se soudent souvent rapidement à travers les expériences communes et ses liens durent longtemps, même après la saison.
  • De se développer physiquement et moralement : le sport permet de développer les habiletés motrices, les techniques de base, les fondements du mouvement, mais aussi l’estime de soi, les valeurs et les attitudes pour faire face aux défis.
  • Agit aussi directement sur le développement neuronal (meilleure oxygénation, coordination motrice, anticipation des gestes, images mentales …)

On dit que le sport permet à l’homme de se passionner pour quelque chose qui finalement, dans un contexte de vie (travail, conflits, pauvreté, etc.), n’a que peu d’importance… Le sport est source de grandes émotions et c’est bon de se rappeler l’enjeu réel !

Sur la double casquette :

Je crois que là réside toute la difficulté… En tant que parents, nous souhaitons le meilleur pour nos enfants et, de ce fait, devenons plus exigeant. Est-ce bon pour eux ? est-ce notre rôle ? N’y a-t-il pas un risque d’en demander de trop et ainsi d’écœurer l’enfant de son sport ?

De plus, l’enfant n’aurait ‘il pas tendance à moins nous écouter ? Étant son père, Mon fils a parfois tendance à « balayer » mes conseils d’une main, comme le ferai un enfant devant les remarques habituelles de ses parents. Combien d’entre vous avez déjà entendu ou exprimé : « Ça marche toujours mieux quand quelqu’un d’autre le dit ! »

Bien que ma formation de Coach Professionnel, m’oblige à garder une certaine extériorité pour me permettre de mieux jauger les deux positions, c’est une réalité certaine qui me saute aux yeux….en tant que parents nous sommes trop exigeant avec nos enfants en étant sous la casquette d’entraineur, et en tant entraineur nous avons le devoir de garder une certaine distance et de ne pas tomber dans une relation de parents protecteurs.

Ma conclusion de cette analyse me renvoi à un sentiment me parcourant depuis quelques temps. Il me semble important qu’un Papa Parent/Entraineur, confie plus régulièrement son enfant à d’autres entraineurs afin de permettre aux deux parties de retrouver un équilibre et le rôle propre à chacun.

Il est également crucial de garder une extériorité d’analyse afin de ne pas laisser l’affectif entrer en jeu et fausser le jugement. De plus, le développement de l’enfant passe par ses expériences sportives avec d’autres référents, ce qui lui permettra de se confronter aux mêmes situations d’entrainements qu’avec le papa Parent, sans que l’aspect affectif ne devienne une échappatoire.  Cela lui permettra également de mieux comprendre la place de son proche dans son monde de sportif.

C’est à se demander si lorsque nous entrainons et soutenons nos enfants en tant que parents, nous ne cherchons pas à « vivre » et à « revivre » certaines de nos propres expériences…

2 commentaires sur “Coach ? Entraineur ? Super-Papa ?

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  1. Super étude du statut de coach et de parents
    Dommage que lorsque nous nous voyons on n’est pas le temps d’en parler
    Très intéressant j’aimerais pouvoir développer cela avec toi
    Amitiés Muriel

    J'aime

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